18 mars 2026
Michaël Del Bianco et Séverine Tieleman sont les fondateurs des salons XYZ*, lancés en 1998. En 2012, la marque XYZ rejoint le groupe ESB, mais ils restent tous deux gérants de trois établissements, employant au total trente collaborateurs. Deux jours par semaine, on peut encore les croiser au salon — de quoi leur permettre de rester en contact avec les besoins de la clientèle, l'énergie de leurs équipes et les réalités du marché. Le reste de la semaine, ils se consacrent au travail en coulisses et à l'organisation d'événements, tandis que Michaël assume par ailleurs son rôle d'ambassadeur L'Oréal.
Qu'est-ce qui rend vos salons uniques ?
Michaël Del Bianco : « Nous avons mis en place une structure interne de spécialisation, où chaque collaborateur se développe en profondeur dans un domaine précis. Certains deviennent spécialistes de la coupe, d'autres de toutes les techniques de coloration, etc. Nous pouvons ainsi proposer tous les services dans nos salons, réalisés par des experts dans leur domaine. »
Severine Tieleman : « Le salon repose sur le travail d'équipe. Un balayage sera réalisé par un coloriste, mais la coupe sera effectuée par la spécialiste de la coupe. Nous ne voulons pas que la cliente reste entre les mains d'un seul coiffeur. »
Michaël Del Bianco : « Grâce à nos grandes équipes, nous offrons aussi beaucoup de disponibilité et de flexibilité — ce qui signifie que les clients peuvent rapidement obtenir un rendez-vous. Autre atout : nous sommes multi-marques au niveau des produits conseillés et de la revente. Cela nous permet de toujours conseiller quelque chose sur mesure pour chaque cliente — ce qui est bien plus difficile quand on n'a que quatre produits en rayon. »
Pouvez-vous nous en dire plus sur vos activités en dehors du salon ?
Severine Tieleman : « Michaël est ambassadeur L'Oréal et pour ma part, je suis très active dans tout ce qui est artistique, aussi bien pour nos équipes que pour nos clientes. Nous sommes toujours à la pointe de l'expertise et des tendances et nous entretenons constamment l'envie de créer quelque chose de nouveau. »
Michaël Del Bianco : « Nous sommes également très actifs dans l'organisation d'événements, qui ne se résument pas à des démonstrations de différentes techniques, mais s’inscrivent dans une histoire, un univers. J'aime aussi partager avec d'autres coiffeurs. Ceci dit, faire un show seul ne m'intéresse pas. C'est toujours un travail d'équipe, avec des personnes qui me font confiance : un réseau de coiffeurs, de stylistes, de musiciens, de chorégraphes... »
Severine Tieleman : « Nous avons toujours été des coiffeurs qui aimaient transmettre leur savoir-faire. Aujourd'hui, il y a de moins en moins de grands shows, mais les masterclasses se sont fortement développées. La différence avec un show, c'est l'interaction — on parle avec le public et on présente de nouvelles techniques, de nouvelles tendances ou des innovations de produits. Ces formations, on peut les donner en présentiel ou en ligne. Le format en ligne est plus économique et évite les déplacements, ce qui est aussi un avantage écologique. Par ailleurs, on nous demande de plus en plus d'intervenir directement dans des salons avec un certain volume de collaborateurs. »
Comment vous organisez-vous en tant qu’entrepreneurs à l’agenda bien rempli ?
Severine Tieleman : « Nous sommes très disciplinés. Nous fonctionnons beaucoup avec des listes de tâches et une organisation extrêmement rigoureuse. Nous structurons nos priorités et nous répartissons les tâches pour optimiser le temps et l'efficacité. Mais à la fin, toutes les décisions sont prises à deux. »
Michaël Del Bianco: « Il y a la gestion financière, l'organisation des formations et des shows... La discipline est à la fois le fil rouge et le défi au quotidien. Trouver l'équilibre entre la relation humaine et la gestion des collaborateurs, tout en maintenant l'expertise souhaitée dans les salons, c'est un exercice permanent. »
La formation est une priorité pour vous ?
Severine Tieleman : « Nous investissons énormément dans la formation. Nous établissons un plan de formation individuel pour chaque collaborateur. C'est un investissement important, qui finit toujours par porter ses fruits. Personnellement, j'ai beaucoup bénéficié de Febelhair lorsqu'ils ont lancé la nouvelle Business Academy. Je pense avoir été l'une des premières à participer à toutes les formations et j'y ai aussi emmené mes équipes et mes responsables. Tout cela nous permet aussi de rester motivés, car nous aussi, nous avons parfois besoin d'une bouffée d'oxygène. »
Quelles sont vos ambitions pour l'avenir ?
Severine Tieleman : « Ce que nous voulons vraiment développer, c'est le savoir-être de chaque coiffeur qui travaille chez nous. Chaque collaborateur doit être au top, pas seulement les gérants. Nous ne fermons pas non plus la porte à l'ouverture de nouveaux salons. Si une opportunité se présente et que nous trouvons le bon associé, nous sommes partants. »
Michaël Del Bianco : « On l’oublie parfois, mais la coiffure est un beau métier créatif. Au départ, c'est une passion et je trouve très important de la maintenir vivante. Ma mission, c'est de faire en sorte que la coiffure reste une passion et ne devienne pas simplement un job. »
Severine Tieleman : « La réussite pour moi, c’est d’obtenir en fin de compte un salon avec des gens heureux, des clientes satisfaites et des patrons qui aiment leurs équipes et inversement. C'est une assez belle ambition, n’est-ce pas ? » (rires)
* X = Chromosome féminin, Y = Chromosome masculin, Z = Zapping, changement fréquent du look.