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Nouvelles du Secteur

Uzi Hair Bar

14 septembre 2026

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Après une première carrière dans la finance en tant que contrôleuse de gestion, Hélène Salumu Lenge a suivi sa véritable passion : la coiffure naturelle. En 2022, elle ouvre son salon Uzi Hair Bar à Etterbeek, dédié aux cheveux crépus, frisés et bouclés. Nous lui avons rendu visite à l'occasion du World Afro Day, le 15 septembre.

 

Un vide sur le marché

Lorsqu'Hélène cherchait, il y a une dizaine d'années, un coiffeur spécialisé dans les cheveux naturels pour elle-même, elle rentrait bredouille à chaque fois. Elle se rend compte que ses propres questions reflètent un besoin plus large. Elle décide alors d'y remédier elle-même et lance en 2021 le projet Uzi Hair Bar.

 

Une offre limitée

Aujourd'hui, selon sa propre estimation, Hélène fait partie, avec son salon, de la dizaine de salons qui se positionnent comme réellement spécialisés, aux côtés d'acteurs proposant le service sans spécialisation dédiée, et d'une activité à domicile non quantifiée. La visibilité offerte par les réseaux sociaux joue un rôle moteur : de plus en plus de personnes osent porter leurs cheveux naturels, ce qui nourrit la demande.

 

L'absence de formation reconnue

Pendant sa formation de coiffure de base dans une école privée, Hélène découvre rapidement que les cheveux naturels n'y étaient pas non plus abordés dans les cours. Elle devient alors largement autodidacte, s'appuyant sur le terrain, sa famille et surtout sur l'apprentissage quotidien au contact de ses clientes. Ce manque de formations a également des conséquences pour son propre salon : Hélène peine à recruter du personnel qualifié, faute de filière formelle. Les formations existantes sur les cheveux texturés restent privées, dispensées par certains salons, mais non reconnues par l'État. Selon elle, la coiffure de base enseignée aujourd'hui ne couvre pas les techniques spécifiques que requièrent ces types de cheveux — une approche pourtant fondamentalement différente. Sa proposition : intégrer cette spécialisation dans les programmes d'enseignement, au même titre que le balayage ou la coloration, afin que chaque coiffeur sortant d'une formation de trois ans dispose au minimum des bases nécessaires, libre ensuite de se spécialiser ou d'ouvrir son propre salon dédié.

 

Au-delà des journées de sensibilisation

Interrogée sur l'utilité de journées comme l'Afro Hair Day, Hélène nuance. Selon elle c'est important de célébrer, mais ce n'est pas avec ce jour que les choses vont s'améliorer. Pour Hélène, l'enjeu dépasse le symbolique — il s'agit de faire reconnaître ces cheveux comme un sujet quotidien et professionnel, non comme un effet de mode ou une question politique. La vraie avancée passerait par une intégration durable dans les formations, plutôt que par une célébration ponctuelle.

 

Des ateliers pour le grand public

Hélène anime également des ateliers, une démarche qu'elle porte depuis ses débuts. Déjà en 2017, elle souhaitait former des professionnels, mais l'intérêt du secteur restait limité à l'époque. Près de dix ans plus tard, la tendance s'inverse : de plus en plus de salons cherchent activement ce type de formation. Ses propres ateliers ne visent pas les professionnels mais s'adressent directement aux clientes, enfants et adolescents désorientés face à l'entretien de leurs cheveux — une approche pédagogique et bienveillante, centrée sur l'apprentissage des bons gestes au quotidien.

 

Une ambition à l'échelle du secteur

Pour l'avenir, Hélène ne se limite pas à l'expansion de son enseigne. Son objectif principal : collaborer avec des institutions de formation pour intégrer durablement l'expertise des cheveux crépus et bouclés dans les écoles et centres de coiffure. Elle plaide pour une reconnaissance officielle de cette spécialisation, convaincue qu'il ne s'agit pas d'un sujet de mode, mais d'un enjeu sociétal touchant une partie significative de la population.