25 août 2026
Jürgen Meerschaert est ce qu'on appelle un coiffeur né. Très jeune déjà, il a été élu Meilleur Élève de Belgique et, à 16 ans, il devenait pour la première fois Champion du pays. À 21 ans, il avait déjà un palmarès impressionnant de pas moins de 41 récompenses, dont une Coupe du monde. Peu après, il ouvrait son propre salon, 9 Salon, à Roulers. Aujourd'hui, il partage son temps entre sa première passion et les réseaux sociaux, où il est devenu un influenceur populaire suivi par plus de 3 millions (!) de personnes.
Vous avez un parcours de coiffeur assez unique. Vous avez par exemple commencé à couper les cheveux dès l'âge de 12 ans ?
« En effet, j'ai commencé à 12 ans par une formation à Courtrai. Une enseignante m'y a encouragé à participer au concours du Meilleur Élève de Belgique. Elle m'a aussi mis en contact avec Geert Dejonckheere, qui allait me former. C'est grâce à lui que j'ai vraiment attrapé le virus. Jeune, je l'admirais énormément. Je voulais moi aussi monter sur scène et devenir champion. Coïncidence ou non, j'ai remporté mon tout premier concours et, à partir de là, plus rien ne pouvait m'arrêter. Heureusement, Geert, son épouse Nancy et son père, aujourd'hui décédé, étaient là pour continuer à me former, car je n'avais alors que 13 ans. Après quelques années sous l'aile de Geert, je suis allé frapper à la porte de son propre maître, William Deridder, à Bruges. À force d'un entraînement acharné, je suis devenu Champion de Belgique à 21 ans. »
Au fil des années, on vous a vu dans toutes sortes de shows de coiffure, d'émissions télé... Est-ce important pour vous de transmettre votre savoir ?
« Suivant l'exemple de Geert et de William, je voulais moi aussi monter sur scène et transmettre les techniques et tendances les plus récentes. Comme j'ai commencé si jeune, j'ai vite eu l'impression d'avoir déjà tout vu — même si cela tient sans doute aussi à mon caractère impatient. (rires) Vers mes 30 ans, j'étais déjà monté sur scène dans plusieurs pays européens. Mais j'ai vite compris que gérer le salon, donner des cours à travers toute l'Europe et élever une famille de 3 enfants, ce n'était pas conciliable. Je ne voulais pourtant pas me limiter au seul salon. À ce moment-là, j'ai eu la chance de pouvoir travailler dans mon propre pays, chez Sanké Academy. C'est via cet employeur que j'ai aussi été mis en contact avec l'émission « Zo Man Zo Vrouw », animée par Jani Kazaltsis. J'y ai déplacé mon focus : au lieu de transmettre mon savoir à des coiffeurs, je le transmettais désormais au grand public. La première fois que j'ai rencontré Jani, il m'a dit : « Peu m'importe ce que tu sais faire ou ce que tu as déjà accompli, je veux que tu donnes un conseil au téléspectateur à chaque émission, car c'est ça, l'essentiel. » Et il avait raison : le client passe toujours en premier. »
Et quand est née votre nouvelle passion, la création de contenu ?
« Après 6 saisons dans cette émission, il était à nouveau temps de passer à autre chose. C'est alors que YouTube est entré dans mon champ de vision... J'avais déjà fait mes premiers pas sur cette plateforme avant la période Covid, sans grand succès. Mais pendant le confinement, je me suis retrouvé chez moi, comme tous les coiffeurs, sans revenus, à la recherche d'une solution. J'ai investi tout mon temps dans la création de contenu sous le nom Hair Buddha. Avec succès : aujourd'hui, je totalise plus de 3 millions d'abonnés sur l'ensemble de mes réseaux. Beaucoup de collègues ne comprennent pas que je donne des conseils aux gens pour colorer eux-mêmes leurs cheveux. Mais ces choses-là se produisent de toute façon. Chaque Kruidvat propose une offre gigantesque de kits de coloration, qui se vendent comme des petits pains. Les raisons pour lesquelles les gens colorent eux-mêmes leurs cheveux sont multiples : manque d'argent pour aller chez le coiffeur, jeunes qui veulent expérimenter par eux-mêmes, mauvaises expériences en salon... Si j'arrêtais de donner des conseils, autant de gens continueraient quand même à colorer leurs cheveux eux-mêmes. D'ailleurs, on me fait souvent la remarque que mes vidéos font prendre conscience aux abonnés de la difficulté de s'occuper soi-même de ses cheveux, ce qui leur donne davantage de respect pour le métier de coiffeur. »
Et il faut encore trouver du temps pour cette autre nouvelle passion, le barbering ?
« Exact. Elle est née à peu près en même temps que l'histoire YouTube. J'étais à la recherche de quelque chose de nouveau. Après avoir été mis en contact avec quelques barbers, j'ai suivi une formation aux Pays-Bas. Une nouvelle passion était née. La combinaison de la coupe et de YouTube me convient aujourd'hui parfaitement. Je ne suis pas présent quotidiennement au salon, car mes réseaux sociaux me prennent énormément de temps. Mais tant que j'y prends du plaisir, je continue. En tout cas, je ne compte pas encore attendre tranquillement la retraite. »